« GAÏA, prénom TERRE », perçue par Caroline Megglé.

Il y a trois ans la comédienne auteure conteuse, Caroline Megglé, me faisait la faveur de donner à Vence, sous l’égide de l’association « Podio », une lecture de mon monologue théâtral féminin « mytho-écologique » : « Gaïa prénom Terre « . Ce fut l’occasion d’une correspondance préalable, visant le meilleur consensus sur une version condensée. Dans cet échange, figure un texte de Caroline Megglé, aussitôt versé dans le chaudron du chantier. Le retrouvant par hasard, complété d’une révision liée à la version définitive du spectacle, je redécouvre sa pertinence et ce qu’il traduit de la rectitude d’une interprète soucieuse de ne pas s’éloigner d’elle-même en portant le verbe d’un autre – d’ailleurs je ne fus pas sans tenir compte de maintes de ses observations. En quelque sorte cela constitue un éclairage, depuis l’intérieur, de mon texte. Et une exemple d’équitable et féconde collaboration.
En voici de larges extraits.

I

« Comme comédienne, c’est un challenge qui pourrait être très enrichissant vu l’ampleur des personnages auxquels est confrontée Gaïa. Personnages mythologiques qui peuplent notre imaginaire, confrontés à la réalité de ce XXIème siècle… Tout un programme ! 

            « Pour l’ensemble des populations (ou presque) Gaïa est la mère nourricière. Sans Elle, nous n’existerions pas. Malheureusement la réalité de notre époque est tout autre, face au nombreux lobbies, ou aux hommes et aux femmes portés uniquement par des intérêts mercantiles faisant du profit leur principale source de vie ! Et ils tendraient en plus à vouloir nous faire croire que, sans eux, la Planète mourrait de faim ! Alors qu’elle étouffe sous l’amoncellement des ordures… Un des propos de votre texte.  

            « Votre texte propose une version intéressante du dilemme dans lequel se retrouve Gaïa après tant de millénaires de vie et d’impuissance… : comment nourrir l’humain tout en évitant de se laisser engloutir par les immondices ! « Un cancer » ! le pire moment de sa vie (je le crois) et vous le dites… Et si je vous lis bien, les sentiments qui traversent Gaïa, tour à tour désabusée, furieuse, grossière, enjouée, mère aimante, femme révoltée, méprisante, « putasse » depuis sa création – le Chaos – passent de l’amour à la révolte, de la joie à une profonde tristesse, de l’observation à l’action… Mais pour finir seule…

            « Oui, une comédienne aimerait être confrontée à son tour au personnage de Gaïa ; et aux différentes personnifications que vous nous en proposez. 

« Votre texte n’est pas sans me rappeler un auteur comme CAMI ou un autre créateur comme COPI. Deux auteurs que j’ai interprétés à différentes époques de ma vie. Alors c’est avec plaisir que je vous fais part et de mes retenues et de mes « emballements ».

NB Ces références ont de quoi me ravir. (G.R.)

…………………………………………

             « J’ai beaucoup apprécié l’arrivée de vos nombreux personnages. Ils ponctuent le texte et rythment la lecture ; particulièrement les passages évoquant Déméter et Perséphone que je trouve très touchants, ils me parlent vraiment. 

             « J’aime la balance opérée par Gaïa dans ses références aux Dieux et aux Humains.

             «J’aime les images que je me suis créées pour « La mal Bouffe ».

             « J’aime quand Gaïa parle d’elle à la troisième personne.

             « J’aime sa vision des Nouveaux Dieux ; même s’il nous est à peine donné le temps « d’imprimer » dans nos têtes, les images proposées – dommage.

            J’aime percevoir Gaïa comme un personnage vulnérable et fort à la fois ; et savoir (en fin de lecture) que Gaïa souffre ; qu’elle peut être désabusée, neutre, froide, »humaine »… 

             « J’aime entendre que l’espoir existe pour le bien de tous et la savoir « coquine » quand Elle fait appel à Vénus/Aphrodite, tout en encourageant le Public à soigner la Terre… 

« L’eau c’est la vie, l’eau c’est le sang de la Terre » dit un proverbe Touareg… 

             « La chute du spectacle me plaît bien aussi, avec le retour aux magazines…

             « Le Sang, l’eau… le civet basse calorie… »

II

  « J’ai terminé la seconde lecture de Gaïa avec un grand intérêt et aussi avec beaucoup plus de facilité. Votre écriture est très dense, il n’en demeure pas moins que j’ai eu beaucoup de plaisir à m’imaginer vivre ce texte. Mes questions sont peu nombreuses et je vous livre ici « ma seconde impression » J’ai eu l’illusion de découvrir des passages inconnus… Ce fut agréable.

  « Dans le premier Acte Gaïa me semble plus forte ; j’apprécie dans cette version, cela m’avait sans doute échappé, une Gaïa mêlant la création onirique du monde antique avec le monde contemporain, avec plus de légèreté.  Sa vision de « Ses Descendances Humaines ou Divines » est équitablement critique. Elle fait preuve de beaucoup d’humour, parfois noir, et c’est bien ! C’est une enflammée, respectueuse de l’autre jusqu’à la fin ! 

  « J’aime beaucoup les passages « du sang » suivi par « la pluie… » ainsi que « le travail des vers de terre… » ; le « sang » froid, celui des hommes et des bêtes… L’arrivée de Déméter me ravit toujours, ainsi que les colères de Gaïa contre les pollutions diverses…. cancer/lèpre, déchets nucléaires… 

  « La « nouvelle » relation de Gaïa au public est plus empathique, sans mièvrerie ; elle est franche, intransigeante…

…………………………………………

  Gaïa revient en scène ; « la terre a tremblé… », Elle seule s’en est aperçu… Elle s’excuse de ses emportements précédents – quels effluves lui font « perdre la tête » – … ; les odeurs n’existent plus… sauf les mauvaises… Puanteur, quelle transmission de l’Homme au Monde, à Gaïa… 

…………………………………………

  « L’enlèvement de Perséphone est plein d’humour et le dialogue entre les Éboueurs et Gaïa est d’une tendresse certaine. Sa colère affleure toujours et le retour à « Sa réalité » l’attriste, quelques instants. Elle paraît presque désabusée. Pas pour longtemps ! Et de rentrer dans la peau de Déméter ! 

  « Quand Elle prend le public comme interlocuteur et remonte le temps… (du contemporain à l’antiquité, ou vice-versa), Elle redevient vindicative envers l’humain (public) et envers Dieu. Elle ne peut y échapper ! Oh, combien je l’approuve ! Sa colère affleure toujours, Elle  redevient Gaïa, mère et mère nature. Elle explique » La montée de la sève » (Déméter/Perséphone Le Sang/la Sève) Le Sp… (sperme ?) lié à Aphrodite, une autre de ses enfants ! Elle fait preuve d’humour noir (avec une certaine jouissance mêlée de dégoût ?). Hara-kiri. Drame. C’est dur mais c’est vrai ! 

  « Gaïa mère. Gaïa grand-mère. Gaïa mère nature, retourne vers l’eau, vers son détournement, son empoisonnement. Elle se confronte avec l’homme (l’humain en général et le public…) – Moment très fort où elle s’emporte encore !  Elle se reprend, « être vindicative ne sert à rien »… 

  « Ce texte est fort. J’espère qu’un projet de lecture public verra le jour. Peut-être une réalisation scénique. Cela demandera un travail intense de création. Je serai heureuse de faire partie de ce projet si vous l’envisagez. 

Caroline Megglé

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