Biographie

Georges RICHARDOT 

Né à Épinal (88) le 10/01/1931 ; vit à Vence (06) 

1948-52, Faculté des Lettres de Nancy. Licence ès Lettres classiques. Souhaite un travail non lié, même indirectement, à l’écriture, en sorte de ne pas conditionner, voire contaminer celle-ci.
Entre à l‘agence Havas (Publicité, Voyages). Y fait carrière, d’attaché de direction au siège parisien à la direction régionale de Reims en passant par des directions à Nice et Dijon. Marié en 1954 à Claudie Chatelain, spinalienne, décédée en 2002. 1956, rappel en Algérie, 6 mois.
Un fils  : Yves

Théâtre, poésie, romans, etc. Une large trentaine d’ ouvrages publiés ( toujours à compte d’éditeur !), de la poésie à l’humour débridé, en passant par « l’hyperlittéraire ». Encouragé dans ses débuts par Raymond Queneau, qui le guidera pour ses premières publications (poésie, roman, théâtre). 
Jusqu’aux années 1980 (Soit la cinquantaine !), se masque du pseudonyme « Sodoyan« , alors même qu’un réseau médias exceptionnel, dû à son statut professionnel, aurait pu l’aider à atteindre une notoriété par ailleurs peu désirée, sinon fuie.

Patrice Delbourg – Les Nouvelles Littéraires, 27/1/1983 

« Sentinelle de l’inouï, vacataire de la solitude, Richardot… Le mot vibre de sensations ravivées jusqu’à l’extrémité des doigts, jusqu’aux extravagances de l’âme. Le ronron des songes et des mensonges tisse un voile prudent entre l’œil et les nerfs. Sans joliesse ni mode, une voix singulière qui frappe et accapare… »  

 » La Ballade du Petit Général qui s’ennuyait à la guerre » est sélectionnée pour une lecture publique au Festival de l’Acte 1987 de Metz
« Le peintre et son Modèle 2 », présenté par « 5 sens Editions » est retenu parmi les 5 finalistes du Prix Littéraire International Indépendant 2016, trilingue, dans la catégorie Romans. 

THÉÂTRE : 

Soutiens  initiaux: (outre Richard Tialans, pour la Belgique) P.A. Touchard, Jacques Fabbri, Jack Jacquine, Marguerite Scialteil (agent théâtral), Jean-Lou Temporal (marionnettes), Gisèle Tavet (Gigi du Grand Cirque)… 
Deux créations en Alpes-Maritimes : « Grande Licence » (1969) par Gisèle Tavet avec Myriam Boyer ; « En attendant l’Aurrr…eure » (1987), par Marie-Agnès Courouble. 
Lectures publiques à Metz (Festival de l’Acte 1987), Bordeaux (1997), Marseille (2001). Lecture-spectacle à Vence par Caroline Megglé de « Gaïa prénom Terre » (2016). 

En marge  une série, toujours en cours, d’acrostiches et figures assimilées. 
MORTS etc. 
“Incursions émotionnelles autant qu’aléatoires dans l’univers des Morts,mirifique, formidablement stable et mouvant, étanche et perméable, qui, osera-t-on dire, à la demande, enrichit, fertilise et transfigure le nôtre, celui des vivants.”  
Un recueil de pièces poétiques inédites et originales, soumises aux règles de l’acrostiche et autres formes dérivées, éventuellement innovantes. Mises en images  avec la déterminante collaboration de Muriel Fournier et imprimées sur PVC, elles furent exposées en octobre 2018  à la Médiathèque de Vence

NOTATIONS

« Si vous voyez un ballon vous avez envie d’y taper, de jouer avec. Pour moi les mots sont des ballons. Des ballons de couler.r »…
 Il m’arrive aussi de faire la gueule.

« Je suis un polygraphe, Quand je dresse mon étal pour les éditeurs, ils me prennent quelques carottes. Me restent choux et patates. Les tomates font des allers et retours… » 

« En plein dans l’écriture. Couper le fil de la raison, laisser les tronçons en contact. » 

« Un mot n’est à sa vraie place qu’à 100%, même si, à 95, il fait illusion. Le perfectionnisme : ne pas lâcher prise avant 98,5. » 

« Le style est une main tendue ayant fait choix de qui choisira de la saisir. » 

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Georges Richardot. Un quidam en littérature

Georges Richardot conduit, au gré des ans, sa plume d’une virevoltante façon.
Son entrée en littérature, comme on dit (mais il n’aimerait pas trop l’expression, méfiant qu’il est de toute tournure suspecte de connotations religieuses), s’est accomplie sous l’impulsion de Raymond Queneau, excusez du peu.
Voici donc notre auteur sous le chapiteau de l’Oulipo. L’ouvroir de littérature potentielle. Pour ce mouvement (qui n’est -surtout- pas une école), on peut jouer avec les mots et produire des textes inattendus à partir de contraintes préalablement fixées. Une fois le stade d’action tracé, la règle du hors-jeu fixée, on peut laisser libre cours à l’imagination.
Georges Pérec s’amuse ainsi à écrire un lipogramme : La Disparition, un roman entier écrit en excluant toute intrusion de la lettre “e”.
Un jeu dites-vous ? Oui, mais tentez de le pratiquer et vous serez au coeur du mystère d’écrire.

L’oeuvre de Georges Richardot est prolifique et ne cesse de l’être. Elle s’inscrit dans ce sillage qui donne l’apparence du ludique mais qui, en fait, nous mène au coeur du mystère d’écrire.
Et son travail relève de la flamboyance du saltimbanque. Il joue avec les sonorités, virevolte avec les mots, déglingue les syntaxes, dans une bonne humeur communicative.
Mais à bien lire ses textes on y découvre toujours une profondeur cachée. La dérision étant ici une forme de pudeur. Au coeur des textes se posent des problèmes propres à l’existence.
Entrer dans l’écriture de cet auteur revient à découvrir un inhabituel amalgame entre la dérision et l’essentiel, la folie donnée aux mots et à l’installation de questions métaphysiques.
Sous les pavés, la plage. Sous la splendeur du cirque, la gravité des questions

Yves Ughes