Apoflegmes et autres fientes de pigeon

Z4 éditions, 2015
Couverture : Mario Bariona


Préface:

A comme Apophtegme : qu’est-ce ? quessedonc ?
Un apopthtegme est une sentence, une maxime, l’expression en quelques mots incisifs et ramassés d’une pensée forte.
Oui, mais alors pourquoi Apoflegmes ? parce que Georges Richardot aime la langue. Il l’aime au point de la triturer, voire de la torturer pour la faire réagir. Il la malaxe, et n’oubliant pas son mentor Raymond Queneau, il nous donne ainsi une belle leçon de « languistique ».
Point de prétention à la réflexion immortelle chez lui, il ne prend pas –n’a jamais pris- la pose de l’auteur hiératique qui assène des vérités incantatoires ; il sait que le langage à force de postures va directement dans le mur de l’imposture, accompagné par les trompettes de la supposée inspiration, celles qui ont pour sœurs les trompettes de la renommée.
Ici, tout est pris avec flegme, comme annoncé, mais on le sait bien : comme le rire est la politesse du désespoir, le flegme est une culture polie du travail.
Ce dictionnaire portatif de la dérision repose sur une création aussi riche que détendue, il associe le trouble à une légèreté du meilleur goût.
La lettre Initiale devient élan de création, lettre fertile et germinative. Au fur et à mesure que le jeu prend forme, le lecteur est emporté par son désir de parcourir l’alphabet.
M. comme Myrtilles

Vintimille
Vin de myrtilles
Vin des bois qui pétille
C’est jambe de bois qui frétille.

Ou bien P. comme Porc

Il n’est de bon porc que de naissance (en y ajoutant un brin d’éducation religieuse).
Pour arriver à bon porc, suivez la truie !

Les mots appellent les mots, s’unissent en joyeuse sarabande et parfois même en danse macabre, l’humour noir a toujours été une pulsion transgressive, donc une pulsion de vie.
On parcourt ce livre comme on veut, et ce n’est pas le moindre respect accordé au lecteur ; qu’on suive l’ordre ou pas, on jubile à chaque étape. On verse dans l’absurde, la dérision, on saisit au vol une référence littéraire, on pêche plus loin une perle explosive. Des définitions renvoient à d’autres par la traditionnelle formule « voir », particulièrement bien détournée dans son fonctionnement (« Anglaises » voir « Capote ») . L’ironie tisse sa trame dans ces découvertes et d’une lecture fatalement parcellaire se dégage un grand souffle de création unificateur.
Ecoutons le L. de Langue :


La langue, disait Esope, est la meilleure et la pire des choses. Ajoutant dans sa barbe : de vous à moi, les gars, ça tient au court-bouillon.

Dans ces temps qui souhaiteraient nous la mettre… la rate…au court-bouillon, il est tonique de découvrir cette salutaire jonglerie de la langue.

Yves Ughes
Poète, ess

EXTRAITS

Âme
Rendre l’âme ? Si vous insistez, mais à qui ?
(Variante) : … encore faut-il trouver preneur !
Amour
Qui aime bien titille bien.
La rose a ses épines, quant à l’amour laissons-le choisir lui-même ses rimes, non ?
Quand même révélateur que le mot soit féminin au pluriel, non ?
Andouillette
Notoirement les andouillettes sont de Troyes. Troublante coïncidence pour le gastronome comme pour l’historien : le cheval le plus connu de tous les temps aussi.
Angleterre
L’Angleterre est une île, ce qui n’est pas fait pour lui arranger le caractère !
Artificiel(le)
Chassez le naturel, c’est selon ; chassez l’artificielle, elle court avec votre carte de crédit chez le chirurgien esthétique.
Audace
Qui ne risque rien restera à vie petit propriétaire terrien.
Avaler
Mieux vaut encore avaler quelques couleuvres qu’une resucée de Sambre-et-Meuse.
Aveugles
Au pays des aveugles les borgnes n’ont pas forcément intérêt à ouvrir leur grande gueule.
(Variante) : Au pays des borgnes les aveugles n’ont pas forcément intérêt à ouvrir leur grande gueule.
Avis
Deux avis autorisés valent moins qu’une bonne subvention.
(Variante, égarée là) : Deux aspics Olida valent moins qu’un bon gros foie gras fermier.
Bâtards
Quand les poules auront des dents et les petits bateaux des jambes, dans la mare en guise de canetons on verra patauger de drôles de bâtards.
Beurre
Il n’est de bon beurre que de Poitou-Charentes.
(Version Marlon Brando) : … que de Partout-Charentre.
Biographie
Échangerais biographie pauvre mais honnête contre bibliographie, même débutante.
Boire
Boulot, goulot : faut choisir.
Cancer (de la vessie)
Ils m’ont changé la vessie pour une lanterne. Pas le même usage, mais ça permet de lire au petit coin.
Caritative (Association)
Depuis que la belle époque des pétomanes est révolue, pour une association le caritatif est quand même mieux porté que le carminatif.
Célébrité
À quoi sert d’être célèbre si on est seul à le savoir ?
(Variante) : … si le monde entier a fait vœu de l’ignorer ?
Je ne suis pas célèbre. Pas grave tant que ça ne se sait pas.
Charrue
Qui faut-il plaindre davantage, du cheval qu’on enchaîne à la charrue, ou du bœuf qui se retrouve tout con à la traîne ?
(Variantes, populaires) :
– Lequel est le plus à plaindre, du cheval halant la lourde charrue ou du bœuf réduit à se faire charrier à Pôle Emploi ?
– Lequel est le moins à plaindre, du vieux cheval borgne traînant la lourde charrue, ou du jeune, bien foutu, hantant les discothèques ?
Chat (d’alcoolique aisé)
Qu’apporte le chat con et pourvu, qui hait l’ivresse ?
Chemise
L’homme heureux n’a pas de chemise : pauvre du fiston qui passe son temps à me piquer les miennes !
L’homme heureux n’a pas de chemise, on se gardera de préciser qu’il ne tient qu’à lui d’en avoir de pleines armoires.
(Variante) : … qu’il a fait fortune dans la branche.
L’homme malheureux en aurait-il des cent et des mille ?
Rien qu’à voir sa tronche, ce gars-là doit en avoir un plein placard !
L’homme malheureux l’est déjà moins quand il ouvre son placard plein de rutilantes chemises en soie, faites sur mesure.
À quoi ça tient ? Il aura été heureux de bout en bout faute d’avoir jamais disposé des cinq cents balles pour se payer la chemise de soie qui lui faisait envie.
L’homme heureux n’a pas de chemise : il préfère les polos Lacoste mettant en valeur ses avant-bras musclés.
L’homme heureux n’a plus de chemise : averti à temps de la mauvaise pioche, il les a refilées au miséreux.
Si l’homme heureux n’a pas de chemise, quelle équivalence féminine ?
La chemise heureuse n’a pas d’homme. Et toc !
Cheval
Qui a encore une pensée pour le vieux cheval aveugle sur qui personne ne songe même plus à cogner ?
Chien (d’aveugle)
Les chiens d’aveugle auraient tort de négliger leur apparence.
Contrairement aux chiens d’aveugle, les chiens sourds ont tout à gagner à savoir lire sur les lèvres.
Chimpanzé
Mieux vaut encore chatouiller chien pensif que de papouiller chimpanzé.
Cinéma (l’auteur s’est mis au…)
Ses films sont des navets qui ne risquent pas de lui rapporter un radis, mais il s’en fout comme de la carotte.
Coq
Quand les poules auront des dents, enfin les coqs feront concurrence aux dentistes (Ce qui nous reposera de l’inverse !).
(Variante) : Quand les poules auront des dents, enfin les coqs à la redresse sauront où cogner.
Cordonnier
Quoi qu’on en dise, certains cordonniers sont mâles fort bien chaussés.
Du temps que vous y êtes pourquoi ne seraient-ils pas aussi les plus mal chauffés ?
On s’étonnera que les cordonniers aient mauvaise alène ?
Couverts (confusion de)
Qui confond fourchette et cuiller n’a pas fini d’avoir du potage sur son plastron.
(Variante) : … a intérêt à reconnaître au moins le couteau.
Qui en société confond fourchette à poisson et fourchette à escargots peut retourner dare-dare à ses chères limaces.
Cunnilingus
À un poil près, se fait comme ça se prononce.
(Variante) : Se fait comme ça se prononce dès qu’on y prend goût.
Désintoxication
Chassez le naturel, il revient au goulot.
Dinosaure(s)
Non seulement disparus, mais en plus terriblement squelettiques, comme on peut s’en rendre compte dans les musées !
(Variante) : Quand, dans les musées, on voit leur état squelettique, on ne s’étonne guère que l’espèce se soit éteinte !
Divorce
Fauteuil d’avoué et ta moitié part dorée.
Drogue
Qui s’y frotte y repique.
Écheveau
Mieux vaut achever les chevaux que de se chipoter l’écheveau (l’un toutefois n’empêchant pas forcément l’autre).
Qui chevauche l’écheveau plutôt que d’achever les chevaux ne sera pas fait chevalier pour autant.
(Variante) : … a peu de chance de faire équarisseur.
Qui dénoue les écheveaux s’épargne la corvée de les achever.
Enfant (malmené)
Mieux vaut pied de nez d’enfant malmené que piétinement d’éléphant mal luné.
(Variante) : Mieux vaut pied de nez d’enfant mal luné que piétinement d’éléphant malmené.
(Autre Variante, cherchant manifestement à battre des records de stupidité) : Mieux vaut pied de nez d’éléphant malmené que piétinement d’enfant mal luné.
Épine
Si la plus belle rose a des épines, que dire du porc-épic ?
(Variante) : … je préfère la banane, parce qu’y a pas d’os dedans.
Escabeau
Qui est las des escabeaux peut toujours grimper la femme du voisin.
(Variante) : … peut toujours se reconvertir dans les femmes de voisin.
Espèce
On parle toujours des espèces qui s’éteignent, pourquoi jamais de celles qui s’allument  ?
(Variantes) :
– L’homme moderne est ainsi constitué qu’il s’intéresse de près aux espèces qui s’éteignent, bien peu à celles qui s’allument. Qu’a-t-il jamais fait pour le ver luisant ?
– Quand le ver luisant en sera à s’éteindre, peut-être commencera-t-on à s’intéresser à lui !
Feu
Pas de fumée sans feu soit, en même temps sans fumée aurait-on des jambons ?
Foie (gras)
On est toujours à dire : « Foutu comme l’aspic ! » : au moment des fêtes faut pas s’étonner que le foie gras passe mal !
(Variante) : T’es toujours à dire : « Foutu comme l’aspic ! » : faut pas t’étonner, après, si le foie gras te reproche !
Homosexualité
Homosexualité : pour la femme la rose sans l’épine ; pour l’homme c’est avec.
Ivrogne
Pourquoi le nez des ivrognes brille-t-il ? Dans le nombre, fatal que se glissent des verres luisants.
Jumelles (Paires de)
Plus pratiques et moins encombrantes que des jumeaux.
(Variantes) :
… surtout en voyage.
… néanmoins, des goûts et des couleurs… !
Croirez-vous que mon ex-femme n’hésitait pas à se servir de mes propres jumelles pour m’espionner lutinant celles du voisin ?
(Variante) : … pour mater les jumeaux d’en face ?
Kafka(ïen)
Il semble raisonnable d’énoncer que, si Kafka est plus kafkaïen que Rabelais, il s’est toujours montré nettement moins rabelaisien que ce dernier.
On peut, sans attenter au consensus, énoncer que, tout au long de leurs œuvres respectives, Kafka ne se sera pas montré moins kafkaïen que Rabelais rabelaisien.
Langue
La langue, disait Ésope, est la meilleure ou la pire des choses. Ajoutant dans sa barbe : de vous à moi, les gars, ça tient au court-bouillon.
Lanterne
Qui prend les vessies pour des lanternes n’est pas près de trouver le petit coin.
Lit (Au)
Au lit, autant sinon plus qu’ailleurs, bonne musique exige bon instrument.
Qui crie : « Aïe ! » au lit se doit au moins de prendre l’accent provençal.
Marin(s)
Si les marins étaient bossus, voilà qui mettrait leurs jolis cols en valeur !
Moitié
Vaut-il mieux partager sa moitié, ou se la faire prendre toute entière ?
Une femme avertie vaut bien la moitié d’un homme, surtout si c’est déjà la sienne.
Ma moitié se fiche du tiers comme du quart.
Mort
Y a-t-il quelque chose après ? À voir la tête des déterrés on se passera de la réponse !
(Variante) : … on les dispensera de répondre !
Musée
C’est dur de se retrouver simple visiteur, plutôt que d’être accroché au mur !
(Variante) : … quand on estime que sa place est sur la cimaise.
Nourrice
Nourrice sèche, au lit, jamais n’égalera baveuse duchesse… Cela étant, il est quand même bon d’en garder une dans son coffre de voiture.
Obscur
Le comble c’est que les obscurs sont toujours les premiers à en prendre pour leur grade  !
Œil
Singulier singulier d’Yeux, qui, corrélativement, en est donc le singulier pluriel.
(Variante) : … lequel en est donc le pluriel tout aussi singulier.
L’œil de lynx vaut bien l’oreille de l’autre.
(Variante, ciblée solidarité, émotion) : Que serait l’œil de lynx sans l’oreille de l’autre ?
Oiseau(x)
Depuis que Chaval a sorti son recueil « Les oiseaux sont des cons », vous avez remarqué la gueule qu’ils nous tirent, ces cons-là ?
Oiseau(x) con(s)
Les oiseaux sont cons, d’accord, pas besoin non plus d’être polytechnicien pour faire le job !
Les oiseaux sont des cons, soit, ça ne les empêche pas de chanter ! (Remarquez, sans vouloir être mauvaise langue, si tu prends le show-biz… !)
Si les oiseaux n’étaient pas aussi cons, le dimanche, ça me ferait une sortie d’aller voler une heure ou deux avec eux.
(Variante) : Ma chère, j’ai renoncé à aller voler au Bois : les oiseaux y sont d’un con !
Si les oiseaux sont des cons, s’agissant d’eux, quand même difficile d’incriminer l’alcoolisme.
Vous êtes toujours à vous plaindre que les oiseaux soient des cons, mais, dans les arbres, il y a de la place pour tout le monde, non ?
(Variante) : … les insolents vous auraient-ils pris votre branche ?
Un oiseau de lune, purée, qu’est-ce que ça doit trimballer  ?
Les oiseaux sont des cons, en plus ils ne savent pas nager.
Or
C’est parce que l’argent ne fait pas le bonheur que la cote de l’or est si élevée.
(Variante) : Ce sont les trafiquants d’or qui répandent le bruit que l’argent ne fait pas le bonheur.
L’argent ne fait pas le bonheur des comme nous habitués dès l’âge tendre à l’or et aux pierres précieuses.
Oreilles
À moi aussi il m’arrive de dormir sur mes deux oreilles, mais, je l’avoue, pas sur les deux en même temps.
Qui dort sur ses deux oreilles doit les avoir bien fines.
Qui dort sur ses deux oreilles finira par s’en rendre dur.
(Variante) : … finira par les endurcir.
Qui dort sur ses deux oreilles ne fait pas pour autant l’économie d’un oreiller.
Qui a pris l’habitude de dormir sur ses deux oreilles sera bien inspiré, l’hiver, de se glisser dessous.
Avant mon veuvage je dormais rarement sur mes deux oreilles ; depuis, je me prélasse sur deux oreillers.
Pain
Qui veut tartiner le lard sur son pain a intérêt à tuer d’abord le cochon.
Pari (de Pascal)
Ainsi baptisé parce qu’il se pratique le jour de Pâques. Tu mets Dieu dans la brouette ad hoc, si la brouette est vide Dieu n’existe pas. (Tu peux agrémenter avec quelques œufs en chocolat. Voire des lapins, suivant le marché du jour.)
Patronyme
Si le préfet Poubelle avait pu prévoir le sort de son malheureux patronyme, ne l’aurait-il pas troqué, contre, au hasard, Lavallière ou Aéroplane ?
(Variante) : Si le docteur Suppositoire…
C’est au terme d’une étude marketing très pointue que Joseph et Étienne Montgolfier décidèrent du moyen de perpétuer leur patronyme.
Le succès des Montgolfier, dit-on, ne fut pas sans inspirer les frères Avion.
Pêche
Qui pêche les plus beaux poissons peut aussi bien préférer le saucisson.
Peinture
La peinture à l’huile, c’est plus difficile, mais nettement plus beau que la vinaigrette à l’eau.
Pénis
Peu encombrant, avec un jeu de cartes sera de tous vos déplacements.
(Variante) : Moins encombrant qu’un saxophone…
Péter
Qui pète le feu a comme qui dirait intérêt à le faire plus haut que son cul.
Qui veut péter plus haut que son âne n’a qu’à l’enfourcher, son foutu bourricot.
Qui pète le feu a intérêt à tremper sitôt après son cul dans la soupière.
Qui pète plus haut que son cul devra, ensuite, se contorsionner pour le tremper dans la soupière.
(Variante) : Qui pète le feu plus haut que son cul devra, ensuite…
Ange à la dérive pétant (le feu) plus haut que son cul risque de se brûler le bout des ailes.
Pied
Qui se mouche du pied doit se montrer capable de s’exprimer avec les mains.
(Variante) : … devra perdre l’habitude de parler du nez.
Pisser
Qui veut pisser fort a intérêt à éloigner sa monture.
Qui pisse à l’arrêt du train ne s’étonnera pas si l’outragé siffle trois fois.
Poisson(s) con(s)
Les poissons sont cons, admettons ! Est-ce qu’y a besoin d’être polytechnicien pour faire le job ?
Les poissons seraient-ils moins cons que les oiseaux ? Déjà, eux ne se croient pas obligés d’y aller d’une sérénade sous votre fenêtre, le matin à des heures pas possibles.
Cons : possible que les poissons ne le soient pas moins que les oiseaux, n’empêche qu’eux savent nager.
Question connerie, les poissons n’ont peut-être pas grand-chose à envier aux oiseaux, n’empêche qu’ils sont foutrement moins faciles à plumer.
D’ailleurs si les cons volaient, les poissons aussi seraient des oiseaux.
(Variante) : D’ailleurs si les cons volaient, les poissons seraient aussi des oiseaux.
Porc
Il n’est bon porc que de naissance (en y ajoutant un brin d’éducation religieuse).
Pour arriver à bon porc, suivez la truie !
Postérité
Ce qui ne cesse d’abasourdir les honnêtes gens, c’est le nombre d’énergumènes peu scrupuleux qui, pour passer à bon compte à la postérité, n’hésitent pas à s’approprier le nom d’une avenue célèbre : Félix Faure, Charles de Gaulle, Guillaume Apollinaire… on n’en finirait pas de les citer !
(Variante) : Ce n’est pas d’aujourd’hui que des imposteurs désireux de passer à bon compte à la postérité n’ont pas hésité à s’approprier le nom d’une avenue célèbre : citons, dans le désordre, François dit le Premier, La Boétie, Rabelais, le Cardinal de Richelieu, Vercingétorix, Pierrot le Ronsard… !
Promesses (et jouissances)
Un bon « Tiens » qu’on aura vaut largement la moitié de deux « Tu l’auras », qu’on est loin de tenir.
Un bon « Tiens » vaut mieux que deux « Tu l’auras », sauf si c’est un bâton merdeux qu’on te tend.
Un bon mien, de mon strict point de vue, vaut un nombre illimité de bons tiens.
Sur bateau qui coule, un « Tiens bon ! » te fait aussi belle jambe que deux « Tue le gros rat ! »
Question-piège (Exemple de)
De quelle couleur était le caca du dada blanc d’Henri IV ?
(Variante) : De quelle couleur était le caca blanc de ce dadais d’Henri IV ?
(Variante, salonnarde) : De quelle couleur était la déjection blanche du destrier de sa Majesté Henri le Quatrième ?
Rabelais(ien)
Il est tout à fait raisonnable d’énoncer que, si Rabelais est plus rabelaisien que Kafka, il s’est toujours montré nettement moins kafkaïen que ce dernier.
On peut sans grand risque poser en préambule que Rabelais a toujours été un poil plus rabelaisien que Kafka fut jamais kafkaïen.
Rance
Les poissons sont peut-être cons. Pas au point, en tout cas, de se fier, comme nombre d’entre nous, aux appâts rances.
Qui se retrouve au lit avec coquette décatie se repent amèrement de s’être fié aux appas rances.
(Variante, douteuse) : Saumon argenté qui se retrouve dans le lit de la rivière avec une vieille carpe portant beau mais décatie…
Résurrection des Morts (La)
Le concept ne passe plus très bien au temps des prélèvements d’organes.
(Variante) : Question image, ça coince depuis la reconversion en pièces de rechange de nos chers disparus !
S’ils avaient anticipé le prélèvement d’organes à tout va, les peintres du Quattrocento auraient dû revoir une bonne partie de leur thématique.
Depuis le prélèvement d’organes à tout va, le Jugement Dernier vous a une gueule franchement morbide.
Rhum
Tous les chemins ne mènent pas au rhum : pas mal de pèlerins bifurquent à hauteur de Cognac.
Rôti
On peut très bien apprécier le rôti sans se mettre à roter sitôt après.
On peut très bien apprécier le rôti de veau sans roter après comme un porc.
On dit : le cochon quel porc, mais lui, rôti ou non, s’abstient de roter !
Si le rôti te fait roter, quel effet te fera le gigot ?
Le rôti le fait roter, le gigot gigoter, elle se dit que ça devrait être payant de lui mitonner un bon lapin.
Soupière
Si son cul n’est pas du poulet, pourquoi le tremper dans la soupière ?
Sourd
Il n’est pire sourd que celui qui ne branche pas son sonotone.
Il n’est pire sourd que celui qui cogne comme un butor de bien-entendant.
Sourire
Narquois ? Comme d’un énarque, quoi !
Truie(s) Ne fais jamais aux truies les mêmes choses que le cochon (ça les embrouille) !
Ne fais jamais aux cochons la même chose qu’aux truies (ça finirait par te coller à la peau) !
Ne fais jamais aux truies ce que tu ne voudrais pas qu’un cochon te fasse !
Veau
Mieux vaut achever chevaux esquintés que veaux pétant de santé.
(Variantes) :
– Mieux vaut achever chevaux condamnés que veaux nouveau-nés.
– Mieux vaut achever chevaux estropiés que veaux déjà vendus sur pied.
Vélo (et synonymes)
Si tu vois grand-mère sans son vélo, le mont-de-piété n’est pas très loin.
Quand grand-maman aura récupéré sa bécane chez ma tante et que les poules auront des dents, toutes ensemble elles se paieront de jolies balades.
Quand les poules auront des dents, elles n’en finiront pas de rire à gorge déployée, pédalant à toutes jambes sur leurs bécanes dernier cri.
(Variante) : Quand les poules auront enfin tout ce qui leur faisait défaut, elles n’en finiront pas de rire à belles dents, en pédalant à jambes déployées sur leurs bicyclettes neuves.
La poule du voisin est toujours plus séduisante quand tu la vois s’élancer sur sa bicyclette du bon faiseur, en riant de toutes ses dents (Cette feignasse de mienne attend toujours sa première canine !).
Verlan
Systématiquement je parle le verlan à l’envers, histoire de faire la nique à ces connards de jeunes.
V. I. P.
On reconnaît les V. I. P. à ce que leur chéquier porte des hauts talons.
(Variante) : On reconnaît les épouses de V. I. P. à ce qu’elles portent des chèques à hauts talons.
Voisin
Celui qui baise la femme du voisin a été bien inspiré de ne pas choisir le mari : ce con n’est jamais là !
Zadig (et Voltaire)
On n’a jamais rien pu prouver !
(Variante) : On dira ce qu’on voudra : pas de fumée sans feu  !
Zéro
Quand les zéros commencent à quitter le chéquier, le naufrage n’est pas loin !
Ce foutu zéro s’épuise pour rien à tendre vers l’infini !
(Variante) :… s’épuise stérilement à se multiplier à l’infini !
S’il en reste un, je serai celui-là !
Zyeux
S’écrit parfois sans « Z », particulièrement au singulier.
Les trois lettres les plus rares de l’alphabet, au demeurant les trois dernières, réunies dans un substantif qui n’en compte que cinq : pas étonnant que les dictionnaires se soient manifestement donné le mot pour laisser tomber le « Z ».

——————————————–

CLIMATS D’AU LOGIS

Il a fait une tempête à souffler des fadaises au cul de Kim Kardashian.
Il a fait un froid à geler la cendre des havanes au bec des bonshommes de neige façon CIA.
Il a tonné du roquefort première catégorie.
Il a neigé des imparfaits du subjonctif de verbes irréguliers comme s’il en pleuvait.
Il a soufflé un vent à faire se réfugier les stagiaires de la Maison-Blanche sous le premier bureau ovale venu.
Il a fait un temps à voter centre droit.
Il a soufflé un vent à faire tourner en bourrique la mule du Pape.
Il a neigé à organiser un concours de congères devant la porte de son voisin.
Il a fait un temps à chanter du Guy Béart.
Il a tonné à faire se réfugier les stagiaires de la Maison-Blanche sous les jupes d’Hillary.
Il a fait un temps à donner le nom d’une rue à Denys de la Patelière.
Il a fait une chaleur à jeter son Dubonnet par-dessus Camille Desmoulins.
Il a fait une chaleur à jeter les bonnets de son soutien-gorge par-dessus les gros malins.
Il a fait un temps à se fendre la cerise à deux mains.
Il a soufflé un vent à pousser grand-maman dans les orties au bout d’un élastique.
Il a fait une chaleur à faire tourner sur pied les fraises des dentistes.
Il a fait un temps à se fendre la pipe avec l’allume-cigares.
Il a plu des cordes à linge, et même, par endroits, le linge avec.
Il a plu des cordes à sauter, juste quand on attaquait le sauté de veau.
Il s’est mis à souffler le vent de la vallée juste quand Jésus et ses apôtres avalaient le soufflé.
Il a fait un temps à se fendre la pêche avec le noyau.
Il a fait une chaleur à sucer des crottes de chameau sans l’aide des mains.
Il a plu à en refourguer vite fait Calais aux Anglais.
Il a fait un temps à rejoindre sa belle-soeur au plumard.
Il a fait un froid à rejoindre son beau-frère au plumard.
Il a gelé à rejoindre les deux au plumard.
Il a fait un temps à inviter à dîner Nathalie Kosciusko-Morizet.
Il a soufflé un vent à détourner sur Lourdes un charter de psychiatres.
Il a fait une chaleur à décarcasser Ducros.
Il a fait un soleil à partir avec son sac à main évangéliser Clichy-sous-Bois.
Il a fait un soleil à retapisser de ses plus beaux Aubusson la chambre des domestiques.
Il a fait un temps à stopper net la guerre de 14.
Il a fait un froid à ne pas inhaler de main morte.
Il a fait un froid à s’inhiber la bistouquette du calebard.
Il a fait un temps à ne pas sortir ma Jague.
Il a fait un temps à prendre plutôt la Rolls de ma femme.
Il a fait un froid à dérider les glaçons.
Il a fait un temps à faire les pieds aux murs, les mains dans les framboises.
Il a fait un temps à pendre la crémaillère sans lui avoir lu ses droits.
Il a fait un soleil à embrasser la bonne du voisin UMP cul par-dessus tête, le tout à la santé de François Fillon.
Il a fait un soleil à rechercher jusque dans les toilettes l’ombre des jeunes filles en fleur.
Il a fait un froid à réchauffer le Jésus au bain-marie.
Il a fait un temps à gratouiller le chaudron de la fermière.
Il a fait un froid à pisser dans la snow-boot de l’infirmière.
Il a fait une chaleur à se traiter d’empaffé sans réagir
Il a fait un froid à se laver le derrière au Chablis.

NOS MINISTRES

De l’Intérieur : Tant que ça ne se sait pas dehors !
De l’Outing : Soupçonne son collègue de l’Intérieur.
Des Artisans et Médaillés Militaires : A parfois du mal à faire le tri.
De la Mer : Aime Debussy et la pêche en rivière.
Des Malentendants : Se fait répéter la Marseillaise dans les cérémonies.
Des Échangistes : Ne changerait pour rien au monde.
De l’Arbre qui cache la Forêt : N’en croit pas ses yeux.
Des Finances : Aime se faire botter l’Écu.
Des Cocottes en Papier : Veut encore croire à la sécurité de l’emploi.
Des Artisans et Médaillés Militaires : Qui est le bon grain, qui dit vrai ?
Des Premiers sur la Liste : Commence à rassembler les objets précieux.
De la Circulation Routière : Faut dire que la gauche avait foutu un sacré bordel !
Des Pots-de-vin : Se qualifie lui-même de touche-à-tout.
Des Traditions qui se perdent : Se qualifie lui-même de touche-à-rien.
Des Bonnes Manières et de la Sculpture sur Pierre : Toujours poli, ma foi.
De la Famille : La Patrie lui a donné un Travail.
Du Travail : Sa vraie Famille : la Patrie.
De la Patrie : Son Travail passe avant la Famille.
De l’Éducation Nationale et du Panier de la Ménagère : Fait double emploi, mais n’en démord pas !
Du Sang Bleu : Cherche vampire à particule.
De la Femme : En possède plusieurs.
De la Condition Féminine : A beau jeu de se référer au précédent.
De la Crotte de Bique : Revendique une polyvalence que peu songent à lui contester.
De la Gastronomie Française : Le seul à ne jamais se plaindre d’être mis à toutes les sauces.
D’Edmond Rostand : Chante clair.
De l’Hymne National : Chante faux, mais fort.
Des Petits Pas : Fera son chemin.
Préposé à l’Ouverture des Mc Donald’s : A sa table à la Tour d ‘Argent, s’y attarde souvent le soir, à pleurer, sans motif avoué.
De la Première Occasion : Insaisissable !
Du Premier Baiser : A attrapé le tic du pivert.
Des Pots-de-vin : S’écroule sous les dessous de table.
Des Décorations Posthumes : Jamais un merci !
Des Sans-Emploi : Fait pipi dans le couloir.
Des SDF : Fait pipi contre un arbre.
Des Tomates Farcies : Voudrait de la salade avec.
Des Bouchons de Champagne : Et que ça saute !
De la Planification : Plane, plane, plane…
De la Panification : Pétrit, pétrit, pétrit…
Des Chaussettes Trouées : A évité de justesse les Chaussures à Clous.
Des Cocardes Tricolores : S’en est fourré partout.
Des Feux Rouges : Devant son aquarium vide, rêve de les transformer en poissons.
De l’Aéronautique : Ne s’exprime plus qu’au féminin.
Des Grandes Chasses Présidentielles : Aimerait les tirer sur qui de droit.
De la Franche Rigolade : Dur, dur, quand on sort de l’ENA !
De la Justice de Classe : Jamais vraiment menacé.
Des Victimes de la Guerre : Cotise pour la suivante.
Des Otages Libérés : Plus rien à foutre.
De la Photo du Fiston : Aura fait tous les portefeuilles.
De la Marche Inéluctable de l’Histoire : Aimerait tellement souffler un moment.
Du Premier Pas : Fait mine de s’étonner du coût.
De la Mélancolie : A fait venir son beau-frère.
De la Gaudriole : Beau-frère du précédent.
De la Menue Monnaie : Aurait préféré rendre la justice.
Des Familles Nombreuses : Travaille jour et nuit, le résultat est là.
Des Bons Comptes : Cherche désespérément bons amis.
De la Cellulite : Travaille sur le site.
De la Cellulose : Faut oser !
Des Maffiosi Repentis : Les mauvaises langues ajoutent : et des maffieuses en panty.
De la Muraille de Chine : Se trouvait là par hasard.
De la Rotule Brisée : Invoque la légitime défense.
De la Légitime Défense : Invoque la rotule brisée
Des Grosses Cylindrées : S’est vu contraint de changer de femme.
Du PACS en goguette : Le seul honoré de la Jarretière.
De la Baguette de Pain : Vous dit : « Et ta sœur ! ».
Du Tunnel sous la Manche : Pour trouver ça, au bout ?
Des Grosses Femmes : A entrepris l’inventaire.
De l’Égocentrisme : Peut-être pas à moi d’en parler, non ?
Des violettes de Tourrettes-sur-Loup : Arrête, arrête !…
De l’embouchure du Loup : Arête, arête !…