Café Théatre

(3 « piécettes », relevant du Café-Théâtre)

Vous avez dit : « Miracle. » ?
5/10’

PERSONNAGES

JÉSUS
(Se succédant)
LA FEMME DU PEUPLE
LE ROTARIEN
LE PROLÉTAIRE
LE MÉGAINFIRME
LA MÉGAINFIRME

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Les héros de hurlevent
Petit quart de Western


20’

PERSONNAGES

COLONEL U.S.
SOLDAT U.S.
CHEF INDIEN
SOLDAT INDIEN
GÉNÉRAL U.S.
AUTRE SOLDAT U.S.

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Trois saintes phonies
pour un homme gros et un


30’

PERSONNAGES

LE GROS (débonnaire)
LE MAIGRE (autoritaire, instable)


EXTRAITS

LES HEROS DE HURLEVENT

Un bureau, encombré de paperasses, derrière lequel siège un superbe officier de western, compulsant de gros registres. Sonnerie de clairon. On frappe à la porte. Trop absorbé, l’officier ne répond pas. Coups insistants ; la porte est ouverte. Entre un soldat, en tenue impeccable. Il claque des talons…


LE SOLDAT U.S.
Mon colonel !
LE COLONEL U.S.
Impatient.
Oui ! Quoi ? J’avais interdit qu’on me dérange !
LE SOLDAT U.S.
Mon colonel, les Indiens, ils approchent !
LE COLONEL U.S.
Les Indiens ! Et alors ? Laissez-les se croire encore un peu chez eux ! Les instructions de Washington, mon cher !
LE SOLDAT U.S.
Mais c’est un raz de marée ! Et ils ont des fusils !
LE COLONEL U.S.
Tiens, des fusils ? Détail intéressant ! Quelle marque ?
LE SOLDAT U.S.
Je l’ignore, mon colonel !
LE COLONEL U.S.
Commencez donc par vous renseigner !
LE SOLDAT U.S.
Mais, mon colonel… !
LE COLONEL U.S.
Vous devriez être déjà revenu ! Rompez !

Le soldat se retire. Le colonel hausse les épaules et reprend sa tâche. On entend des coups de feu, des cris : « Alerte ! Les indiens ! À vos postes ! » Nouvelle irruption du soldat.


LE SOLDAT U.S.
Mon colonel, ils attaquent !
LE COLONEL U.S.
Bon, ils attaquent : qu’est-ce qui vous étonne ? Ce sont des Indiens, on croirait que vous découvrez l’Amérique !
LE SOLDAT U.S.
C’est qu’ils sont fichtrement nombreux !
LE COLONEL U.S.
Mon jeune ami, pour vous simplifier la vie, partez du principe que les Indiens, c’est toujours nombreux. Même à trois ou quatre.
LE SOLDAT U.S.
S’enhardissant.
Mon colonel, sauf votre respect, vous ne croyez pas qu’il faudrait… organiser la défense ? Demander des renforts, je sais pas moi ?
LE COLONEL U.S.
Vous ne savez pas ! Eh bien, moi, ce que je sais, c’est que je vous trouve bien nerveux. Tout à l’heure vous n’avez pas fait allusion à des fusils ?
LE SOLDAT U.S.
Que si, mon colonel. Même qu’ils savent s’en servir !
LE COLONEL U.S.
Ne vous avais-je point demandé la marque ?
LE SOLDAT U.S.
Oui, mon colonel. Ce sont des Winchester.
LE COLONEL U.S.
Des Winchester ! Tiens donc, depuis le temps qu’on nous en promet ! Je suis curieux de connaître ces prétendues merveilles. Rapportez m’en un !
LE SOLDAT U.S.
Mon colonel, ils les lâchent pas facilement ! Et puis le capitaine…
LE COLONEL U.S.
Le capitaine, il nous les brise ! Pour une fois, qu’il justifie sa solde ! Et vous, rapportez-moi dare-dare un de ces damnés fusils ! Exécution !
LE SOLDAT U.S.
Résigné.
À vos ordres, mon colonel !