Profondeurs de surface

d’un pourfendeur de sur-place



Pourquoi attendre d’être tout à fait démodé pour faire ringard ?

Semblable à l’ortolan, mes ailes de géant m’empêchent de marcher.

Pas de fumée sans feu, soit. En même temps, sans fumée aurait-on des jambons ?

Ma moitié ? Elle se fiche du tiers comme du quart.

Musée : dur, dur de se retrouver simple visiteur, quand sa place est sur les cimaises.

La Raison est comme une vieille fille acariâtre, ne croyant plus à rien, grommelant à tout propos, répugnant à la moindre surprise.

Serai–je jamais assez contradictoire ? Serai–je jamais assez moi-même ?

L’humour : la seule clé qui, si elle n’ouvre pas toutes les portes, pénètre toutes les serrures.

Le présent est un avenir à qui nous avons fait faux bond.

Je ne suis pas célèbre : bah, tant que ça ne se sait pas !

Célèbre, je le suis ; malheureusement, seul à le savoir.

Mieux vaut encore avaler quelques couleuvres qu’une resucée de Sambre-et-Meuse.

Le soleil brille pour tout le monde, mes pauvres escarpins pour moi seul.

Qui prend sa vessie pour une lanterne n’est pas près de trouver le petit coin.

Qui pêche les plus beaux poissons peut aussi bien préférer le saucisson.

L’artichaut se mange feuille à feuille, contrairement à la betterave.

Qui est las des escabeaux peut toujours grimper la femme du voisin.

Voyez Einstein ou Freud : ce qu’ils pouvaient faire vieux, même de leur temps. Ça console bien.

Il n’est bon beurre que de Partout-Charentre.

Mourir de bonne humeur, serait-ce trop demander ?

Mieux vaut petit poulet à la broche que gros boulet que tu t’accroches !

Petit poulet que tu embroches vaut mieux que vieille poule qui s’accroche.

Qui tire trop sur le fil finira par trouver au bout le haricot.

Qui pète le feu a intérêt à le faire plus haut que son cul.

Qui veut tartiner le lard sur son pain a intérêt à tuer d’abord le cochon

Qui se marie marri n’a rien à envier à qui se nourrit de pourri.

Mariage sur le tard c’est moins longtemps de mitard.

Mariage pompette tu verras donnera peste et choléra.

Qui crie « aïe ! » au lit se doit au moins de prendre l’accent provençal.

Si la plus belle rose a des épines, que dire du porc-épic ?

Femme de ton cœur : drap aux trois couleurs
Femme de ta vie : constellé de fleurs de lit

Femme de ton cœur c’est plein de kilos de bon beurre
Femme de ta vie c’est pleins bocaux de cerises à l’eau-de-vie

Comme Noël et Pâques, le linge sale se lave en famille.

Comme le linge sale, Noël et Pâques se lavent en famille

Si tu es né nu et sans fards jamais ne seras nénuphar.

Je suis incroyant. Dieu ? Dieu, il se dit neutre.

La peinture à l’huile c’est plus difficile mais nettement plus beau que la vinaigrette à l’eau !

Vétéran : l’ennui naît de l’uniforme ôté.

Mieux vaut achever chevaux esquintés que veaux pétant de santé.

Le cochon est un porc, admettons ; mais lui, rôti ou non, s’abstient de roter.

Qui pisse à l’arrêt du train ne s’étonnera pas s’il siffle trois fois.

Foutre Bique: on y trouve tant de boucs chargés de « likes » !

À Venise pas plus qu’à Dijon jamais fiente de pigeon ne vaudra franc gorgeon.

Si la rose a des épines je préfèrerai toujours la banane parce qu’y a pas d’os dedans.

Plaignons Dagobert, reconverti en souffleur de verre !

« Jours sans », exemple historique : les Cent Jours.

La grenouille qui veut se faire aussi grosse qu’un bœuf est-elle mûre pour le pot-au-feu ?

La grenouille qui veut se faire aussi grosse qu’un bœuf, plus que jamais, devra se méfier du taureau myope.

COMPTINES –

(émaillant aussi bien les romans que le théâtre)

En caleçon de flanelle
Fleurant bon la cannelle
La sentinelle modèle
Se dégèle
Sur ses semelles
Isocèles
Façon caramel
Genre toute belle
Sortie du rang

…………….

Dès que j’eus mes quinze ans
On me confessa soi-disant
C’était un fort beau mâle
Qui se donna bien du mal

…………….

Il y aura
Des schproum
Et des paf
Et quand l’ange H
Brandira sa faux
Il fau-
dra
Traderidera
Tendre sa joue
À l’immonde baffe

……………

Une petite puce
Qui joue à la roulette russe
C’est comme un gondolier
Qu’aurait perdu ses souliers

………………

Vintimille
Vin de myrtilles
Vin des bois qui pétille
C’est jambe de bois qui frétille !

………………

D’heure en heure
L’éternité se meurt !
Ah suborneur de matrones
Sois moi, sois toi !
Ne soyons personne !

………………

Au pays de toujours
Au pays de nulle part
Les beaux jours se font rares !

………………

Petit cannibale, ma mère,
Petit cannibale, lanlaire,
Pour nous dévorer tout crus,
Avec trois cuillers
De Lustucru,
Faudra d’un bon cru
Niveau Corbières
Remplir l’aiguière !

………………

L’un était manchot,
L’autre ingambe.
L’un avait des poumons carrés,
L’autre des haricots sur la langue.
L’un sucrait les nuits blanches.
L’autre la tarte du dimanche.
Le premier sauta de sa monture.
Le second le mangea en sauce
– C’était rosse ! –
Avec une garniture
De rhinocéros !

………………

Tu es dans la lune
Disait la brune
Au charcutier
Qui dépeçait sa moitié

………………

Il fait froid ici
Dit le sidi
Sur l’échafaud
Lui répond le facho
Tu auras chaud

………………

Dès que souffle
Le vent coulis
Je m’enfouis
De lit en lit

………………

Le vent vient de l’est
Tant d’oisifs
M’ont tenue en laisse !

………………

Pourri de fourmis
Qu’il est
Nous dévorerons
Son pain de mie
Son ventre rondelet
Nous y danserons
Dondaine et dondon
Le rigodon

………………

Jacasse la bécasse
La pie borgne
Fermera son œil morne

………………

Sept poires blettes
Ça donne une compote
Bien pâlotte !
Radote à tue-tête
La poivrote en ribote

………………

Consultant sa montre
La douairière s’écrie en colère :
La première montre son derrière
Mais c’est la dernière
Qui passe la barrière !

………………

Punaise des Bois
Punaise ma joie
Les chatons volent
Ma mère était folle

………………

Marie la Margoton
Déniaise ses blancs moutons
Avec un grand bâton
Tontaine tonton

………………

Une petite puce
Qui joue à la roulette russe
C’est comme un gondolier
Qu’aurait perdu ses souliers

(Tutoriel stylistique !)

Complément d’objet direct
Précédant l’indirect
À moins qu’interfèrent
Séquence majeure
Cadence progressive :
Secret des beaux livres
De la littérature supérieure
Promise à ventes massives
Jusqu’en hyper…

………………

Zéro allitération
N’est-ce pas
La bonne ration ?
Excès d’incidentes
Calembours à la papa
Parenthèses et cetera :
Cette fichue mort aux rats
À autre enfer que Dante
Te conduira…
Et cetera….

………………

Prolifération
D’allitérations :
Piège à souillons !
De la fiente
D’incidentes
Au calembour
Prise de tête,
Au pas cadencé
Déployez
Les bataillons !
Allons, scribaillon,
Pour nous offrir
Fête complète,
Vrai,
Autant vaudrait,
Sans coup férir,
Nous expédier
Nous émoustiller
Les gambettes
Au bal musette !

………………

Écoute !
Trois phrase courtes,
Une longue
– Gare à la baffe ! –
Du paragraphe
Sonne le gong.