LYS EN CIEUX

Papier et numérique. 5 sens éditions, 2017

Couverture de Michel Joyard, maquette de Muriel Fournier

EXTRAITS


Dit par Sylvain Richardot

Se lit comme ça se prononce...

APRÈS LA DOUCHE

Après
la douche
essuyée
de près
ne rêverais–
tu
de bouche
amène
qui impromptu
achèverait
de nettoyer
ton corps
là même
où on le touche
encore
mouillé ?


Après
la douche
essuyée
de près
ne rêverais–
tu
de bouche
amène
qui impromptu
achèverait
de nettoyer
ton corps
là même
où on le touche
encore
mouillé ?


À mi-pente
De ton corps
Debout
L’agenouillé
nettoie
bonhomme
la fente
Mouillée…

D’abord
du bout
Ennuyé
Ou tout
Comme
D’un doigt


Sous la douche
Qui ruisselle
Tu chancelles
Et défailles
Tandis
Que bouche
Approfondit
La faille
Par où voici
Qu’en un bien
Beau
Raccourci
Encore
Et encore
Rebondit
Ton corps !


Humide
Encore
De la douche
D’un cri
Tu te plains…

Et te vides
En bouche
Avide
Qui a plein
Corps
Te vrille !


Encore
Mouillée
De la douche
Ne rêves-tu
Ma jocrisse
D’une bouche
Cannibalesque
Qui au corps
T’investisse
Et têtue
T’étrille
Tant…
Qu’avec
Un cri
Contrarié
Presque
Tu jouisses ?

BLOC-NOTES

Tant qu’il est temps encore
À belles dents ton corps
D’avant rêvant de quelle
Mort tiens je mords dans !


Mon beau verger gorgé d’automne
La pomme mûre que tu me tends
À belles dents je ferai comme
Si d’aventure je mordais dans !


Secret
Orifice
En tes abysses
Malicieux
Je m’aventure
Comme qui peu sûr
Mais guilleret
En mauvais lieu
Se glisse-
Rait !


Quand tu me vexes
Je me venge
En invoquant
L’ange
De tes complexes
Qui te supplicie-
Rait
Presque
Comme j’apprécie-
Rais
Tant
Qu’on m’en supplie !


De tendresse
Tu te défends
Mais pour peu
Que cessent
Les caresses
Tu te presses
Et m’y reprends !


LA VIOLEE DU MATIN

Est-ce ma faute si ton corps
M’attira dès l’aurore,
Alors que d’ordinaire
En courtois partenaire
Dame je ne martyrise
Qu’aux heures dument admises ?


C’était l’aube. Je rêvai
D’embarquer grande foule
Et, tout comme, fis en toi.
Tout près de m’échouer
Tant se levait la houle
En marin j’appréciai
M’aidant a déjouer
La marée montante des reins
Le renfort de tes doigts

ARCHÉOLOGIE DE X PARADIS (X) PERDUS

Envie de s’encanailler ?
Un fantasme de toi
Ligotée sur une chaise
Droguée au Cointreau
Otage dépoitraillée
Du serial killer
Qui, d’où la non-méfiance,
L’air de la délinquance,
Jusqu’à ce coup de lune
Ne l’avait point trop.

Une boussole orientée
Sur ton point G
G comme… heureuse coïncidence
L’initiale déboussolée
Du pseudo-seigneur des anneaux
Cherchant au débotté
Dans le fouillis organisé
Mais pas vraiment défrisé,
Ce dernier, par la grâce de Vénus
Frisé de nature qu’il est,
Pour autant que je le susse…
Alerte grammaticale : que je le sache…
Reprenons :
Pas vraiment défrisé, que non,
Observions-nous, avant le lapsus,
De ce mont-de-vénus,
D’être dérangé en ses saignées
Par le sexo-géologue désigné,
En charge jusqu’a nouvel avis
De la chair(e) et du lit

Avant l’éclipse de bientôt vingt et une
Multipliées par x
Nuits blanches classées X
XYZ

………………………………………….

Un aéroplane, toi suspendue
Au train d’atterrissage
Un parachute ascensionnel
Dont, don du ciel,
Dudit ciel entre mes bras
Tu tomberais pile
Nue, bien entendu,
Et rasée de près.
Hommage sacrificiel
Par lequel
Pour surprendre
Le galant, bien utile
Finalement,
Quand à hue et à dia
Un quinze aout
Avant le raout
En gentil tarzan
Il s’embrase…
Hommage sacrificiel
Donc
Par lequel
On s’épile ou se rase

En même temps
Quel dommage !
Regret cuisant
Immédiat
D’une toison bouclée
À éparpiller du doigt
À l’heure de seconde magie
Où comme il se doit
Enfin rassasiée
S’assagit
Toute frénésie.

Avant l’éclipse de bientôt vingt et une
Multipliées par x
Nuits blanches classées x
Xyz

………………………………………….

Bandeau sur tes yeux
Un jupon pour t’en trousser
Soutien-gorge arraché avec les dents
Petite culotte, pourpre pour varier,
Diable, qui aura sans égards
Expédié l’accessoire répudié
Lequel se languit, pendant
Sine die dirait-on
Au fronton
Du bahut normand ?

………………………………………….

Une terrasse de restaurant
Menton dans les mains
Sourire à l’eau de rose
Genoux serrés nus
La belle ingénue
Tient la pose.
Effrontée
Qui s’en douterait ?
En chemin, pari perdu,
Tu as dû, ce tégument
Parfumé
À vocation assumée
De paquet-cadeau
Prématurément le quitter.
Au fond de ma poche
Le string arachnéen
Se morfond déplorant
Environnement
Par trop dérogeant
À l’imaginaire brésilien

………………………………………….

Dernier cap à franchir
Il me reste à affranchir
Pour avant de flancher
Poste restante
Vous la décocher
Cette carte postale
D’une ultime étape
De paradis…
En son jargon trop prévisible
Google maps la nommerait
Memory, remembrance,
Sensuality insubmersible,
Et…
Et la tendresse, bordel !
Bordel, google, tenderness !…

De l’oublier dieu me préserve !
Composition de mon retable :
Le panneau gauche je le réserve
Au ruisselant raisin de ta treille
Dont je fis si gouleyant usage
Le droit verra couler le miel,
Cette tendresse, justement,
Débordant de ta ruche
Pour enchanter les goûters
De nos Villandry amoureux…
Le centre ?
Pour lui je demande
À un certain amedeo,
Précurseur des madones
Remastérisées,
De te représenter sur azur
Et terre de sienne
………
Toi en robe lavande,
Offrant au soleil
Suspendu à mi-course
Clouant le temps
De son clair safran…

– grandeur d’âme
Ultime, gente dame –
Un mamelon archétypal.

La prédelle quant à elle
Me figerait
En position de gisant
À la nuance près…

in cauda venenum –
Que, telle la flèche du GPS
Vers son zénith
Je band…
Aïe, s’il te plait, hâbleur,
Sur l’heure
Gomme
Ce détail rebutant !
N’est-il pas temps,
Bonhomme,
Que tu t’amendes ?
D’autant
Qu’il n’est guère douteux

– le sourire entre-deux
De la dame de cœur
En dit long. –
Qu’inconsidérément
À l’échéance même de vérité
Sans la moindre repentance
Tu t’entêtes à te vanter…

………………………………………….

Jusqu’à cette éclipse
Non calendaire
De vingt et une
Multipliées par zéro
Nuits blanches classées X
XYZ…
Z !